Généralités :
La DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge ou AMD en anglais pour Age-related macular degeneration) représente le première cause de handicap visuel chez les plus de 50 ans et environ un tiers des plus de 75 ans sont touchés par cette maladie en France. La DMLA est caractérisée par une perte progressive de la vision centrale (apparition d’une tâche noire plus ou moins opaque au centre du champ de vision)
Cause :
Sa cause est la dégénérescence des cellules de la macula lutéa (appelée aussi « tâche jaune ») une zone riche en photorécepteurs située dans la zone centrale de la rétine, à l’arrière de l’œil, où convergent les rayons lumineux.
Où se situent exactement les lésions dues à la DMLA ?
Au niveau de la macula, les photorécepteurs sont placés sur une couche monocellulaire : l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR), celui-ci est irrigué grâce à une couche très vascularisée :la choriocapillaire. Et entre l’EPR et la choriocapillaire, se trouve la membrane de Bruch. Dans la DMLA, les lésions se forment à quatre niveau tissulaires : au niveau des photorécepteurs, de l’épithélium, de la membrane de Bruch et de la choriocapillaire.
Description des mécanismes.
Il existe deux formes de la DMLA, la forme sèche et la forme humide (seule la forme humide se traite pour l‘instant)
Dans la forme sèche, c’est une disparition progressive des cellules de la macula qui est observée. Ces disparitions sont causées par une perturbation du métabolisme cellulaire. Il est très probable que le système immunitaire inné soit mis en cause ici, et plus précisément le système du complément : un groupe de 35 protéines qui s’activent en cascade pour aboutir à l’élimination de cellules apoptotiques. Mais le mécanisme précis de la dégénérescence maculaire demeure encore inconnu et fait l’objet de nombreuses études.
Dans la forme humide (appelée aussi forme néovasculaire ou exsudative) les cellules de la macula sont affectées en raison de l’apparition de nouveaux vaisseaux sanguins sous la macula. Ces néo-vaisseaux, fragiles, laissent diffuser du sérum qui soulève et déforme la macula, entraînant ainsi une hémorragie (la DMLA humide évoluera donc plus rapidement, pouvant conduire à une perte de la vision centrale en quelques semaines seulement). La forme humide est donc causée par une néoangiogénèse elle-même sous l’influence d’une 20 aine de facteurs :
Le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor)
- les FGF (Fibroblast Growth Factors),
- les TGF-beta (Transforming Growth Factors),
- les EGF (Epidermal Growth Factors),
- les PDGF (Platelet-Derived Growth Factors),
- les IGF (Insulin-like Growth Factors),
- les TNF (Tumor Necrosis Factor alpha)
- l’IL8 (interleukine 8)
- l’angiogénine.
- Et autres …
Ainsi, il est bon de noter que su l’action de l’angiogénèse revêt souvent un caractère bénéfique (cas de l’ischémie cardiaque,) l’angiogénèse peut parfois représenter des caractéristiques nocives, comme dans ici au niveau de la rétine, (mais aussi au niveau des tumeurs cancéreuses qu’elles alimentent)
Traitements :
Depuis 2006, il est désormais possible de traiter la forme humide de la DMLA en utilisant des inhibiteurs du VEGF (Pegaptanib, Ranibizumab, Aflibercept). Des injections de ces anti-VEGF, directement dans l’œil par voie intra vitréenne permet de ralentir voire de stopper la progression de la forme humide de la DMLA.
Ces injections s’avèrent être bien plus pratiques et efficaces que les anciennes techniques, qui consistaient quant à elles à détruire les néo-vaisseaux par photocoagulation (réalisation d’une brûlure thérapeutique réalisée avec un faisceau laser sur les vaisseaux anormaux) ou la thérapie photodynamique, qui consiste à injecter dans un premier temps un produit photosensible par voie intraveineuse qui deviendra ensuite toxique sous l’effet de lumière rouge d’un laser.
Pistes de recherche :
La thérapie génétique est une approche intéressante car elle permettrait de supprimer l’inconvénient des piqures dans les yeux, d’autant plus que celles-ci nécessitent d’être régulières (en moyenne 7 fois par ans). Ainsi, l’idée est de transfecter un gène codant un anti-VEGF aux cellules de la rétine par l’intermédiaire d’un vecteur viral.
Pour le traitement de la forme sèche de la DMLA, la thérapie cellulaire est une piste explorée par certaines équipes de recherche à l’Inserm. Le concept est d’implanter des cellules épithéliales dérivées de cellules souches embryonnaires obtenus en culture cellulaire et des photorécepteurs. Ainsi, ces cellules viendraient contrecarrer le déficit en cellules détruites et stopper les mécanisme de dégénérescence grâce à leur activité.